* Accord sur les priorités, pas sur le calendrier
* Paris et Berlin "tendent la main" aux USA sur Boeing
* Un projet commun de stockage sécurisé des données
sensibles
(Actualisé avec autres citations, précisions)
PARIS, 19 septembre (Reuters) - Paris et Berlin entendent
mettre en oeuvre une stratégie économique commune face au
ralentissement de la croissance dans le monde et dans la zone
euro, en développant notamment une politique budgétaire "qui
soit capable de prendre le relais d'une politique monétaire", a
déclaré jeudi Bruno Le Maire.
Les ministres français et allemand des Finances, qui se sont
réunis à Paris pour le 50e Conseil économique et financier, ont
mis en garde les Etats-Unis contre toute "nouvelle guerre
commerciale" dans le contentieux opposant Airbus AIR.PA à
Boeing BA.N devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Américains et Européens s'accusent mutuellement de verser
des aides publiques illégales aux compagnies aériennes. Les
Etats-Unis menacent de relever les droits de douane en
représailles aux subventions accordées à Airbus.
Face au ralentissement économique mondial, au défi
climatique et technologique et à la guerre commerciale entre les
Etats-Unis et la Chine, "il nous a semblé d'autant plus
important de faire face ensemble", a déclaré le ministre
français de l'Economie et des Finances lors d'une conférence de
presse commune avec les ministres allemands Olaf Scholz
(Finances) et Peter Altmaier (Economie et Energie).
Cette stratégie commune s'articulera autour de trois
priorités :"Poursuivre la réduction de la dette publique là où
c'est nécessaire", "poursuivre les réformes structurelles" et
"avoir une politique budgétaire qui soit capable de prendre le
relais d'une politique monétaire", a précisé Bruno Le Maire.
Un débat demeure toutefois sur le calendrier de mise en
oeuvre de cette stratégie, a ajouté le ministre, soulignant que
la France souhaitait l'activer le plus rapidement possible.
"LES GUERRES COMMERCIALES NE SONT BONNES POUR PERSONNE"
Autre point d'accord : une taxonomie franco-allemande "qui
permettra de définir si un investissement est vert ou pas".
Les deux pays ont confirmé en outre leur projet commun de
"stockage sécurisé de données sensibles". "Ce sont les données
sensibles de toutes les entreprises, ce ne sont pas les données
des entreprises sensibles", a souligné Bruno Le Maire.
Les entreprises françaises Dassault Systèmes DAST.PA ,
Thales TCFP.PA , Atos ATOS.PA et OVH, notamment,
travailleront sur le sujet avec des entreprises allemandes et
devraient "rendre leurs décisions pour la fin de l'année".
Cncernant l'exploitation des données elles-mêmes, "nous
avons pris du retard par rapport aux grandes entreprises
digitales américaines, je suis tout à fait ouvert à ce qu'on
approfondisse la réflexion avec nos amis allemands là-dessus", a
dit le ministre français.
A la suite de Bruxelles, Français et Allemands appellent par
ailleurs à un accord à l'amiable sur le litige entre Boeing et
Airbus, chacun des constructeurs accusant l'autre de bénéficier
de subventions publiques.
"Nous continuons à tendre la main à nos alliés américains" a
assuré Bruno Le Maire. "Si les Etats-Unis devaient nous imposer
des sanctions, (ils) doivent savoir que nous serions prêts à
réagir, là encore dans le cadre de l'OMC et des possibilités
qu'elle nous donnera d'ici quelques mois".
L'OMC doit se prononcer dans les semaines qui viennent sur
le préjudice subi par Boeing. La plainte européenne devant l'OMC
étant intervenue à la suite de celle de Washington, l'UE ne
pourra se déterminer qu'au printemps 2020.
"Cela ne nous paraît pas de bonne politique d'avoir les
Etats-Unis qui imposent des sanctions à l'Europe sur la base de
la décision de l'OMC et puis l'Europe qui réagit quelques mois
plus tard", a dit Bruno Le Maire. "Les guerres commerciales ne
sont bonnes pour personne", a-t-il martelé, évoquant "0,5 point
de croissance mondiale en moins en 2020" en raison du conflit
sino-américain.
France et Allemagne ont confirmé la construction de deux
usines de batteries électriques - l'une qui entrera en activité
en 2022 en France, en Nouvelle Aquitaine, forte de 2.000
salariés dans le cadre d'un consortium avec Saft, filiale du
groupe Total TOTF.PA , et l'autre en 2024 en Allemagne.
(Sophie Louet avec Leigh Thomas et Jean-Stéphane Brosse, édité
par Jean-Michel Belot)
Paris et Berlin d'accord sur une stratégie économique commune
information fournie par Reuters 19/09/2019 à 15:27
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